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Une série d’articles relatant l’historique du projet, dans l’ordre chronologique pour une lecture plus naturelle :)

2010
20
Août

Naissance du projet DomoTab

L’idée de créer une centrale de domotique libre n’est pas née par hasard.

Je faisais depuis plusieurs années des recherches ponctuelles sur les différentes solutions envisageables pour créer une installation domotique complète pour une (malheureusement, encore) future construction de maison, et, courant 2010, plusieurs personnes ont commencé à me demander des conseils pour choisir une solution à ce même problème, que je n’avais toujours pas résolu.

Il existe de nombreuses solutions pour créer un système autonome : cartes ARM bas coût, des plus simples, avec quelques centaines de Mo de mémoire, quelques centaines de MHz, pour une centaine d’euros, aux plus récentes beagleboard ou pandaboard, et autres cartes similaires, jusqu’aux tout récents « sticks », sur le principe du raspberry Pi … en passant par les « plugs ». Mais quelle que soit la solution choisie, les limitations sont nombreuses, avec au choix : connectique limitée, pas de boîtier, pas d’écran, pas de prise en compte des protocoles domotiques, très cher, quand ce n’est pas un savant mélange de toutes ces limitations. Et l’alternative qui consiste à utiliser un PC (cher, bruyant, et énergivore) auquel on rajoute une clé USB par protocole que l’on veut supporter (chère(s) elle(s) aussi) ne me convenait pas.

Quelques mois auparavant, j’avais fait l’acquisition d’un (enfin, de 10) plug-computer et d’un écran tactile sur USB, solution qui me semblait un bon point de départ, d’autant que je n’avais pas eu de mal à faire tourner ma distribution préférée sur cet ensemble qui devait me servir de base pour créer une plateforme de domotique.

Mais les problèmes et limitations liés à cette solution sont apparus très vite.

Sur les 10 plug computers achetés initialement (achat groupé pour limiter les frais de port et de douane), deux ont rendu l’âme très vite, et la majorité des autres souffrent d’un sérieux problème d’évacuation de la chaleur … en clair ils redémarrent dès qu’ils ont un peu chaud, et ils ont un peu chaud dès que les deux interfaces ethernet gigabit dont ils disposent sont utilisées …

De plus, l’utilisation de l’écran sur USB utilise les deux ports USB disponibles … impossible de mettre une clé USB ou un disque dur, ou encore une clé USB « domotique ».

J’ai alors essayé de réfléchir à une solution consistant à créer un « boîtier custom » en aluminium, puisque je connaissais justement quelqu’un (le créateur de LanGear) qui créait et commercialisait des boîtiers compacts pour PC. Nous y aurions intégré le contenu du plug-computer avec un dissipateur thermique, un hub USB pour disposer de plus de ports USB, et l’écran « reconditionné » pour qu’il n’utilise plus qu’un port USB, son alimentation venant directement de l’alimentation interne.

Après avoir réfléchit à ces quelques spécifications générales, nous sommes tombés sur le problème suivant : la disponibilité des éléments à intégrer. L’écran tactile sélectionné n’était déjà plus produit. Ceci m’étant déjà arrivé quelques mois auparavant sur un autre projet, le faisant mourir dans l’œuf. Hors de question de recommencer.

A ce moment, je participais de façon non négligeable à la création d’un système pour un client, et je m’étais donc rendu compte que créer un produit « from scratch » n’est pas si compliqué.

J’ai donc pris la décision de démarrer le projet (initialement appelé DomoPlug) en août 2010 pour créer un produit selon mes spécifications, et non plus travailler à la création d’un produit pour le compte d’un industriel. Cela m’a donné la possibilité de concevoir un produit destiné à la communauté, ouvert, pour permettre à la domotique libre de prendre un nouvel essor.

Le 9 nov 2012 par .
2010
21
dec

De l’idée à l’entreprise

Une équipe efficace

Le projet Domotab est porté dès ses débuts par 3 passionnés de domotique qui ont tous les trois près de 10 ans d’expérience dans la gestion de projets techniques et la création d’entreprise.

A trois, les choses sont potentiellement plus simple, d’autant que nos compétences sont complémentaires :

  • management des hommes, des systèmes qualité, conduite de projet à un niveau international, et conception et développement de dispositifs médicaux,
  • développement de systèmes embarqués, connaissances mixtes en informatique (Noyau Linux et systèmes Linux embarqués) et en électronique (systèmes à micro-processeurs et micro-contrôleurs),
  • pilotage de projets informatiques en mode SaaS, auprès de Startups comme de grands comptes.

Ceci nous permet de démarrer de façon autonome, de travailler sur les spécifications, de lister les étapes, de faire une étude préalable de faisabilité, de commencer à travailler sur un business plan, sur un projet d’entreprise, bref, d’avancer, malgré quelques désaccords que l’on a pu résoudre en en discutant, ce qui est finalement facile quand il y a une bonne entente entre tous.

Le souci, c’est qu’on avance … sur le papier.

Incubation

Logo Région Rhône Alpes
L’étape suivante, une fois que les choses sont écrites sur du papier, c’est d’essayer de faire la même chose en vrai, mais pour cela il faut des sous. L’un de nous ayant déjà eu l’occasion de passer par le biais d’un incubateur pour créer une autre entreprise, nous avons suivi cette voie, qui permet, pour un projet de R&D et d’innovation comme le notre, de bénéficier d’aides de la région.

Logo CPE-Lyon
De part mes relations avec l’école supérieure CPE-Lyon, nous n’avons eu aucun mal à trouver les bons interlocuteurs pour négocier un partenariat avec le laboratoire d’électronique, télécommunications et informatique embarquée de CPE-Lyon, condition nécessaire à l’entrée en incubation avec l’incubateur sélectionné.

Suite au comité d’engagement du 21 décembre 2010, le projet Domotab entre officiellement en incubation.

L’incubateur propose un accompagnement sur mesure et personnalisé aux porteurs tout au long de la maturation de leur projet de création d’entreprise innovante. Deux types de projets sont accompagnés : la création d’entreprise valorisant une innovation issue d’un laboratoire, et la création d’entreprise innovante en collaboration avec un laboratoire (collaboration qui est établie au début de l’incubation). Nous sommes dans le deuxième cas de figure.

Cette étape nous donne accès à l’aide de l’incubateur, aux formations et présentations qu’il propose, à une pré-étude commerciale, à une pré-étude en propriété intellectuelle, mais aussi là l’aide du laboratoire, et à un financement de la région, à hauteur de l’investissement du laboratoire dans le projet, plafonné à 30.5K€. L’investissement du laboratoire lui sera (très) largement remboursé si le projet est un jour bénéficiaire, mais rien n’est à rembourser en cas d’échec. Et pour le financement de la région, on ne rembourse rien dans tous les cas, mais attention, ce financement est accordé au laboratoire pour les achats matériels liés au projet, et non pas au(x) porteur(s) de projet. Le matériel acheté avec ces fonds restera la propriété du laboratoire.

Début de l’étude

Ceci nous a permis de disposer d’une plateforme de test du processeur que nous avions sélectionné (AM3894 de Texas Instrument) et de matériel de test pour évaluer les différentes technologies utilisées en domotique.

Nous avons ainsi pu poursuivre et approfondir l’étude technique, avancer sur les spécifications, et réaliser de nombreuses recherches sur les technologies et protocoles utilisés en Domotique. Nous en avons profité pour nous faire aider par deux stagiaires (Gabriel et Xavier) qui ont travaillé sur différents tests de protocoles et procédé à leur mise en place sur la plateforme de test du processeur.

Après de nombreuses négociations, nous avons pu obtenir de l’incubateur qu’il finance une étude de faisabilité externe, réalisée par Adison, pour pouvoir la comparer à l’étude que j’avais faite de mon côté.

Dans le même temps, l’incubation impose aussi un certain nombre de tâches moins intéressantes autour du suivi de projet, et surtout autour de toute la partie création d’entreprise : présentations du projet et de l’avancement, réflexions sur l’entreprise à créer, recherche de sous-traitants pour les développements que nous ne pouvions pas réaliser, travail sur la place de chacun des porteurs dans cette future structure, participation à un concours « création d’entreprises innovantes », travail sur le business plan, travail sur le positionnement, …. et c’est la que cela commence à coincer.

Les « à côté » de l’incubation

Être en incubation, cela veut dire passer beaucoup de temps (voir plus) sur des aspects non techniques du projet. Cela peut ce comprendre pour un projet porté par des personnes n’ayant jamais créé d’entreprises, ou n’ayant jamais ou très rarement fait de présentations. De notre côté, nous avions créé ou participé à la création de 6 entreprises, dont 6 étaient (et sont) toujours existantes. (Oui, ça fait 100%)

Il est compréhensible que l’incubateur ait besoin de tester nos compétences, et qu’il vérifie la cohérence de notre projet, voire même rassurant qu’il nous questionne sur notre position et sur nos choix. Cela nous aide même à avancer, et nous permet de valider (ou d’invalider) nos choix. Mais une fois. La troisième fois, on a l’impression que l’objectif n’est pas d’accompagner les porteurs, mais de les faire rentrer dans le moule prédéfini de « la création d’entreprise en 10 leçons » tel qu’enseigné en cours magistral.

Mais notre projet n’est pas innovant seulement sur le plan technique, il l’est aussi sur son positionnement ouvert. Notre business model est guidé par les concepts propres aux logiciels libres et à l’économie sociale et solidaire, comme le partage et l’équité, et cela dérange. …

Des longueurs qui posent problème

Ce qu’il en est advenu, c’est que deux des trois porteurs se sont essoufflés, et ont du se recentrer sur leurs activités initiales, pour des raisons simples de survie. Un porteur de projet ne peut pas passer deux ans sur son projet à plein temps, il doit avoir une source de revenus.

Certes il y a une alternative. Trouver un financement, ou plus simplement, essayer de vendre le projet à une ou plusieurs personnes ou entreprises, en espérant qu’elle(s) se contente(nt) d’une part minoritaire. Il faut cependant être réaliste, trouver un tel financement et conserver notre positionnement était peu probable, et encore moins en restant majoritaires. Cela revient à passer du statut de créateur, à celui d’employé.

Nous avons essayé d’obtenir du financement par l’état, mais sans succès. La réponse est la même, l’état français ne veut pas financer l’innovation française et l’économie sociale et solidaire, et nous n’avons pas pu obtenir d’aide de la part de la CCI ou de l’OSEO.

Nous avons donc opté pour une autre solution : faire appel au financement social (crowd-founding), idée que nous avions déjà depuis quelques temps.

La première partie du financement a donc été trouvée auprès de la famille. Cependant, si utiliser ce mode de financement pour acheter du matériel ou des prestations externes ne pose pas de problème, l’utiliser pour se verser un salaire n’est pas envisageable.

Création

C’est au final avec le soutien de l’Union Régionale des Scop (URSCOP) que nous avons pu avancer fin 2011, pour aboutir à la création de la SCOP Techno-Innov début Janvier 2012.

Le 13 nov 2012 par .